Quand Blackberry-FR rencontre Gonzague Dambricourt

Rares sont les bloggeurs à pouvoir se targuer de générer jusqu’à 6 000 visites par jour sur leur site. Gonzague Dambricourt fait parti de l’un d’entre eux. Ce bloggeur de 23 ans, qui affiche plus de 14 000 abonnés sur Twitter est devenu en quatre ans une des références dans le monde des blogs sur le High Tech. Passionné par les nouvelles technologies, il nous fait partager sa passion sur gonzague.me avec des billets pleins d’humour et des vidéos aussi spontanées qu’intéressantes.

C’est d’ailleurs en visionnant une de ses vidéos, sur laquelle il teste le Blackberry Bold 9000, que je l’ai découvert. Car ce bloggeur renommé est aussi un utilisateur BlackBerry depuis plusieurs années. C’est ce qui m’a poussé à le contacter afin d’avoir son avis sur le monde Blackberry.

Il m’a donc donné rendez-vous dans les locaux de son entreprise de communication, près de la place Bastille à Paris, où j’ai pu lui poser quelques questions. Et comme vous allez le constater, même s’il est fidèle à la marque depuis plusieurs années, il reste néanmoins assez critique.

Francisco Marin : Quand as-tu découvert les Blackberry ?

Gonzague Dambricourt : Je crois que c’est en 2007. Orange m’avait prêté un Pearl à l’époque. Ils avaient une opération qui s’appelait « Orange Reporter ». On avait un téléphone et on postait des photos de choses insolites que l’on voyait dans la rue et ça partait sur un site web à eux. Cette opération n’a pas durée très longtemps.

Francisco Marin : Donc ta première expérience Blackberry s’est faîte avec un Pearl et c’est depuis cette date-là que tu es resté chez BlackBerry ?

Gonzague Dambricourt : J’ai commencé avec un Blackberry Pearl. Au début tu approches le monde BlackBerry sans trop comprendre. Petit à petit je commençais à bien l’appréhender, mais le Pearl était assez « chiant » parce que tu n’avais pas toutes les touches, du coup c’était un peu compliqué. Par contre ce qui était génial c’est que c’était un tout petit téléphone, tout léger et assez fiable. Sinon il y a eu aussi l’iPhone que j’ai revendu depuis car je change assez souvent de téléphone. Je pense qu’il est important d’essayer d’autres choses pour garder un avis sur ce que fait la concurrence car il n’y pas que Blackberry. Du coup, mon téléphone principal est resté un Blackberry mais j’en avais d’autres qui me servaient par intermittence.

Francisco Marin : Donc tu avais un BlackBerry et un iPhone ?

Gonzague Dambricourt : J’ai eu l’Iphone et le BlackBerry Pearl à peu près en même temps. C’était le premier iPhone ce devait-être en juin 2007 je crois. C’était mon premier BlackBerry. Après ça j’ai eu un Curve aussi, puis un Bold 9000, puis un 9700, et un Torch ensuite et pour finir je suis revenu au 9700.

Francisco Marin : Du coup l’iPhone tu l’as complètement abandonné ?

Gonzague Dambricourt : J’ai eu l’iPhone avant sa sortie en France. Je l’avais fait venir des US. J’étais assez séduit au début car effectivement tu as une interface sympa et un téléphone qui était très beau. Puis après, ça s’est estompé car j’étais moins efficace avec un clavier tactile qu’avec un clavier physique ; ce n’est pas la même réactivité, il n’y a pas le touché et il y avait beaucoup de choses qui me manquaient dans l’expérience. La taille de l’écran en soit n’était pas mon seul critère de décision lors de l’utilisation d’un mobile, donc le BlackBerry s’est imposé.

Francisco Marin : Concernant le clavier tactile, certains utilisateurs disent qu’il est aussi efficace et aussi rapide qu’un clavier physique. Qu’en penses-tu ?

Gonzague Dambricourt : Je n’ai certainement pas pratiqué assez peut-être, mais ce qui est sûr c’est que sur un clavier tactile je n’arrive pas à taper sans le regarder alors que sur mon BlackBerry j’y arrive. Pour moi c’est important car j’ai faillit me faire renverser avec un iPhone en tapant un texto un jour (rires) alors que maintenant avec mon Blackberry, je traverse et continue à taper mon truc en regardant autour de moi. C’est assez unique.

Francisco Marin : Puisqu’on parle de clavier tactile que penses-tu du Torch que tu as eu l’occasion d’utiliser ?

Gonzague Dambricourt : Au début j’ai été séduit. Après une semaine d’utilisation, je me suis dit : « waouh, il a un bel écran et un meilleur appareil photo». Mais le fait de le faire glisser en permanence pour l’ouvrir me gênait un peu. Puis le clavier est un peu moins bien que le Bold, il n’a pas le même retour que le tactile, du coup quand tu enfonces une touche tu n’es pas sûr de l’avoir bien enfoncée.

Francisco Marin : En plus le côté du clavier est incurvé, pour ma part je sais que ça me gênait pas mal.

Gonzague Dambricourt : Effectivement oui. Et en plus le fait que tu le tiens au bout de ta main. Finalement je me dis : « qu’est-ce qu’il m’apporte par-rapport à un Bold ? » Si c’est un premier BlackBerry pourquoi pas ? Mais si tu as déjà un Bold ce n’est pas la même expérience. Et ça à l’air moins costaud, le Bold je peux le faire tomber, je m’en moque, d’ailleurs je l’ai déjà fait tomber et je peux te confirmer que c’est costaud. Alors que le Torch il donne moins cette impression de robustesse.

Par contre ils se sont améliorés sur le tactile. Et l’OS 6 se marie bien avec cet appareil-là. En revanche il est moins adapté avec un non-tactile. Tu passes d’un menu à un autre sans faire exprès et ça c’est très fatiguant. Tu sais ? Lorsque tu veux aller dans « Messages » ça t’envoie au menu d’à côté.

Francisco Marin : Justement je ne sais pas si tu es au courant mais sur la version 6.1 de l’OS qui va sortir prochainement, il aura une option qui permettra de désactiver les menus que tu n’utilises pas. Cela évitera ce type de désagréments.

Gonzague Dambricourt : Effectivement cela serait pas mal.

Francisco Marin : Sinon tu utilises le BIS (BlackBerry Internet Services) ou le BES (BlackBerry Entreprise Service)?

Gonzague Dambricourt : Le BIS. J’ai un ami qui tient absolument à me mettre sur BES mais je n’ai pas l’impression d’en avoir besoin. Je synchronise mes contacts avec Gmail, mes calendriers avec gmail et toutes mes boîtes mail sont des Gmail donc… de plus, tout est stocké et géré par BIS donc à part le fait de pouvoir effacer ton périphérique à distance et d’autres choses qui arrive bientôt avec BlackBerry Protector, l’apport n’est pas grandiose pour moi. Quand tu es dans une entreprise et que tu gères un parc de téléphone oui là c’est important mais si tu n’a pas de notion de parc je ne pense pas que cela soit intéressant. Je suis un utilisateur qui gère moi-même mon téléphone, une interface web toute bête me suffit.

Francisco Marin : Donc tes collaborateurs chez BoucheCousue n’utilisent pas non plus le BES.

Gonzague Dambricourt : Petite précision : nous avons chacun nos boîtes (entreprises) mais nous travaillons tous ensemble. On a chacun une activité propre. Sinon Jeremy à un Blackberry et un iPhone et Michel a un iPhone.

Francisco Marin : Quels sont pour toi les meilleurs BlackBerry qu’il y ait eu jusqu’à présent ?

Gonzague Dambricourt : 9000 et 9700 ! Ce sont les deux « best » à mon avis. Le haut de gamme de chez BlackBerry : costaud, plutôt fiable, même s’il n’est pas encore parfait sur l’autonomie de la batterie. Ce sont ceux qui m’ont le plus marqués et que j’ai le plus utilisés.

Francisco Marin : Et entre le 9000 et le 9700 ?

Gonzague Dambricourt : Le 9000 pour le clavier et le 9700 pour la puissance, la fraîcheur et un format un peu plus petit, c’est plus pratique.

Francisco Marin : Quelles sont les applications que tu utilises le plus ?

Gonzague Dambricourt : Google Maps que j’adore même si on est lésé par-rapport à Android. Chez Android ils ont Google Navigation qui fait GPS routier alors que nous nous devons nous contenter que de la carte.

J’utilise aussi Twitter tout le temps.

J’utilise également Tripit, qui est un assistant de voyage. J’ai le détail de mes vols directement sur mon BlackBerry sans avoir à imprimer un listing. Il me fait la même chose avec le Thalis et autres. C’est hyper pratique.

Sinon je n’ai pas facebook, j’ai Foursquare mais ça c’est plus pour rigoler.

J’ai aussi Google Talk. En fait je n’ai pas énormément d’appli. Celles que j’ai me suffisent au quotidien. Et puis de toute façon si je voulais d’autres applications souvent elles n’existent pas pour Balckberry. Là par exemple il y a une appli. qui me permettrait de contrôler l’alarme d’ici (les bureaux de BoucheCousue) mais elle n’existe pas pour Blackberry. Elle n’existe que sur Android et sur iPhone donc je suis obligé de passer par la version mobile du site. La version web c’est très bien mais quand l’application fournit une expérience mobile supplémentaire en utilisant les spécificités de ton téléphone c’est dommage de ne pas pouvoir en bénéficier.

Francisco Marin : Quels sont les sites que tu consultes pour les infos Blackberry ?

Gonzague Dambricourt : Là je vais dire quelque chose qui ne va pas te plaire : je ne consulte que Crackberry.com (rires)

Francisco Marin : Mince alors ! (rires)…

Gonzague Dambricourt : Oui je préfère lire les infos sur les sites américains avec l’humour américain des sites comme Engadget par exemple. Chez Crackberry ils ne sont pas hyper funs mais ils ont de la bonne info.

Francisco Marin : pas de sites francophones alors ?

Gonzague Dambricourt : De temps à temps je vais sur Blackberry-fr ou BlackBerry-France mais c’est plus au hasard de mes recherches. C’est un peu aléatoire, d’ailleurs c’est un peu le problème, vous avez des noms de sites qui sont très proches (rires).

Mais c’est vrai que j’ai plus tendance à consulter les sites en anglais, la même chose vaut pour les nouvelles technologies en général.

Francisco Marin : Si tu avais Mike Lazaridis (PDG de RIM) devant-toi aujourd’hui, quels sont les conseils que tu lui donnerais, en tant qu’utilisateur, pour améliorer ses smartphones ?

Gonzague Dambricourt : Améliorer leur pu**** d’AppWorld de m**** sur lequel je ne vais jamais tellement c’est nul.

Pourquoi avec le BIS je ne peux pas relier mon compte avec un seul identifiant pour tout ? Bon, ils y sont en train d’y venir avec le Blackberry ID mais pourquoi ça a pris tant de temps ? Et pourquoi il y a aussi peu d’applications ?

Les smartphones BlackBerry sont assez bons mais j’ai l’impression qu’ils se laissent un peu dépasser. Il y a des annonces comme le PlayBook, pourquoi ça prend tant de temps à arriver ? Car c’est bien beau de dire qu’il est bien mieux que l’iPad, sauf que l’ipad 2 il va arriver en même temps que le PlayBook et là…il sera dépassé…

Francisco Marin : Tu as l’impression qu’ils suivent un peu le mouvement malgré eux…

Gonzague Dambricourt : Oui…et c’est peut être pas mal mais j’attends de voir. Mais même si cette tablette sort, si aucune application n’existe dessus c’est c**… Ils n’ont pas l’effet aussi séduisant que ce qu’à Android et iPhone qui fait que les développeurs, d’eux même, décident de faire des applications pour ces systèmes. Microsoft n’a pas non plus cet effet-là, eux, ils sont même obligés de payer des gens pour avoir des applis. Les développeurs ils se disent : « on a fini nos applications sur Android et iPhone…on va faire une application Blackberry aussi ». Après du coup il a pas mal de choses qui manquent. Avec Android il y est normal que Google mette la priorité sur Android mais ça veut dire que nous, on est la troisième roue du carrosse… Sur BlackBerry on ne bénéficie pas vraiment de tous les services Google. C’est assez frustrant…

Je trouve aussi qu’il y a un manque de clarté sur le fait que les gouvernements puissent ou non accéder aux données des utilisateurs BlackBerry. Ils continuent à dire (ton sarcastique) « …non on ne peut rien faire… » alors que dans tous les journaux tu lis (ton ironique) « Rim a accepté que tel pays ait accès aux données des utilisateurs »…

Francisco Marin : On a vu le cas avec l’Arabie Saoudite et l’Inde dernièrement…

Gonzague Dambricourt : et il doit en avoir bien d’autres… Il est clair et net que si un système comme ça te permettait de communiquer de façon cryptée avec BBM (BlackBerry Messanger) ce seraient très embêtant pour les gouvernements et pour les services de sécurité.

BBM, c’est un truc que j’adore. Mais pourquoi BBM ne s’est pas ouvert aux autres systèmes ? Cela m’enferme dans Blackberry car demain si je veux partir de Blackberry, je suis coincé. Je n’ai pas d’alternative. Enfin si, il y a des alternatives, mais pas aussi bien. Il y a des Google talk et autres mais ils ne sont pas aussi bien intégré au téléphone.

Francisco Marin : Malgré les améliorations qui restent à faire sur les BlackBerry, peux-tu me dire quelles sont les qualités qui font que tu utilises actuellement un BalckBerry ?

Gonzague Dambricourt : Ce qui fait que j’utilise un Blackberry aujourd’hui c’est une certaine fiabilité dans la « livraison » des mails sur le périphérique, la rapidité, le clavier physique jusqu’ici inégalé… et le système de filtres qui permet de filtrer des mails en amont, de définir ceux qui doivent déclencher des alertes spécifiques. Très pratique dans un cadre professionnel !




Il y a 6 commentaires

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  1. Brice

    Super Interview , J’aime bcp Gonzague , un Blogger très accessible , et Francisco rédige a merveille , on a bien fait de le choisir pour le MWC 😉


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